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On parle beaucoup de pouvoir d'achat stimulé par le recours au crédit ? Qu'en est-il réellement ?
L’accès des ménages au crédit est un des déterminants de la croissance économique. La demande de crédits est influencée par les variables réelles ou les prix à la consommation et également par les caractéristiques de l’offre des crédits que ce soit en matière de taux d’intérêts ou de nombre de produits accessibles.
L’économie française profite moins des effets du crédit que la plupart des économies européennes.
La prévention du surendettement et les procédures mises en place ne doivent pas faire craindre le recours au crédit ou voir même le raréfier. Les risques sectoriels en matière de crédit sont limités au secteur de l’immobilier, on ne peut en effet nier la responsabilité de l’essor du crédit sur les variations à la hausse du prix de l’immobilier.
Pendant la période 1985-1995, l’essor du crédit et de la croissance était suivi d’une réduction de l’activité et des emprunts des ménages en fonction de la conjoncture. Or depuis 1995, l’endettement des ménages continue à augmenter de façon continue et ce même en présence d’un retournement conjoncturel comme ce fut le cas au début des années 2000.
L’endettement des ménages au titre des crédits de trésorerie reste peu développé en France et c’est une composante secondaire de leur endettement total. La demande de logement très forte, ces dernières années, s’est traduite, quant à elle, davantage par une hausse des prix des biens immobiliers que par une augmentation du volume des crédits en matière de production.
Cette hausse des prix a eu tendance à obérer la solvabilité de la demande.
On observe d’ailleurs que la durée des prêts immobiliers a été allongée, de façon à ne pas augmenter le taux d’effort des ménages et de le maintenir à un niveau supportable. En effet, le poids des crédits ne doit pas entraîner les ménages vers la spirale du surendettement.
La corrélation entre l’augmentation des prix réels du logement et les variations de la consommation est moins significative en France, qu’elle ne l’est notamment au Royaume-Uni, en Suisse ou en Finlande.
L’insuffisante fluidité du marché du crédit hypothécaire a une part de responsabilité dans ce constat. C’est pourquoi la nécessité d’une réforme structurelle du crédit hypothécaire s’est imposée. Les renégociations des encours semblent quant à elles, être restées d’une ampleur trop limitée.
Les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont stimulé leur croissance grâce au crédit aux ménages et grâce notamment à l’endettement dû au crédit hypothécaire rechargeable.
L’augmentation de la valeur du patrimoine des américains et des anglais, associée aux possibilités qu’offre leur secteur bancaire de retirer des liquidités en contrepartie des actifs immobiliers, explique le dynamisme de leur croissance.
L’augmentation de l’endettement des américains est important depuis 1996, grâce à la dette hypothécaire et non grâce aux crédits à la consommation. Les américains ont en effet, effectué de nombreuses opérations de refinancement hypothécaire, afin d’extraire des capitaux, cette opération est rendue possible grâce à la valorisation du patrimoine immobilier et la baisse des taux. La Réserve Fédérale Américaine observe toutefois que seulement un quart des opérations d’extraction hypothécaire ont donné lieu directement à la consommation, ce qui apporte toutefois une contribution significative à la croissance.
En France, la réforme du crédit hypothécaire est entrée en vigueur fin mars 2006.
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